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Rédiger son CV

Les compétences à mettre sur un CV : ce que les employeurs cherchent vraiment

Hard skills, soft skills, outils, langues : comment sélectionner les bonnes compétences, les formuler précisément et surtout les prouver.

Par La rédaction GoMyCV5 min de lecture

Une caisse à outils violette entourée de tuiles représentant engrenages, dialogue, pièces de puzzle et idée, autour d'un CV
Sommaire de l'article

« Rigoureux, autonome, esprit d'équipe, maîtrise du pack Office » : combien de CV contiennent ces quatre mots dans la rubrique compétences ? Beaucoup trop. Ils ne sont pas faux, mais ils ne différencient personne. Le résultat : une rubrique qu'on survole, alors qu'elle devrait servir de tableau de bord de votre candidature.

Compétences techniques et compétences transversales

On distingue deux grandes familles, et elles ne se présentent pas de la même façon.

Les compétences techniques (hard skills) sont enseignables et vérifiables : un logiciel, une langue, une méthode, une certification, un savoir-faire de métier. Exemples : « Sage 100 », « SQL », « soudure TIG », « gestion de caisse », « rédaction SEO ».

Les compétences transversales (soft skills) concernent la manière de travailler : communication, organisation, adaptabilité, négociation, gestion du stress. Elles comptent beaucoup, mais se prouvent plus qu'elles ne s'affirment.

La bonne approche : listez les compétences techniques dans la rubrique dédiée, et montrez les compétences transversales à travers vos réalisations. « Négociation » dans une liste n'apporte rien ; « Renégociation de 3 contrats fournisseurs, 8 % d'économies » le démontre.

Comment savoir ce que cherchent les employeurs ?

Ne devinez pas : lisez les annonces. Prenez cinq à dix offres pour le poste visé et relevez ce qui revient :

  1. Les outils nommés (logiciels, langages, équipements).
  2. Les méthodes (Agile, Lean, gestion budgétaire, relation client).
  3. Les certifications ou habilitations attendues.
  4. Les verbes répétés (« piloter », « analyser », « former »).

Ces éléments constituent votre grille. Pour chacun, posez-vous une question simple : puis-je le prouver en une phrase ? Si oui, il va dans votre CV. Sinon, laissez-le de côté.

Les compétences qui reviennent le plus selon les familles de métiers

Aucune statistique ici : ce sont des observations de bon sens à confronter aux annonces de votre domaine.

  • Administration, comptabilité, gestion : logiciel métier, tableur avancé, rigueur de traitement, respect des échéances.
  • Vente et commerce : suivi d'objectifs, négociation, gestion de portefeuille, outils CRM.
  • Informatique : langages et frameworks, gestion de versions, tests, travail en méthode agile.
  • Santé et social : protocoles, gestes techniques, gestion de situations difficiles, formations obligatoires à jour.
  • Industrie, bâtiment, logistique : habilitations, lecture de plans, sécurité, conduite d'engins avec autorisation.
  • Marketing et communication : canaux maîtrisés, outils d'analyse, production de contenu, gestion de budget.

Comment présenter la rubrique compétences

Regrouper par catégorie

Une liste plate de vingt mots se lit mal. Quelques regroupements aident immédiatement :

  • Outils : Excel (tableaux croisés dynamiques, macros simples), SAP, Sage, Google Analytics
  • Techniques : rapprochements bancaires, TVA, clôtures mensuelles
  • Langues : français (langue maternelle), anglais (C1), espagnol (B1)

Indiquer un niveau honnête

Évitez les étoiles, les jauges et les pourcentages (« Excel : 80 % ») : personne ne sait ce que 80 % veut dire, et les logiciels de recrutement ne les lisent pas. Préférez une échelle simple :

  • débutant, intermédiaire, avancé, ou
  • utilisation quotidienne, régulière, occasionnelle, ou
  • pour les langues, l'échelle du Cadre européen commun de référence (A1 à C2).

Ajouter un indice de preuve

La formule la plus convaincante est « compétence + preuve » :

  • « Excel avancé : tableaux de bord mensuels pour 4 services »
  • « Anglais C1 : négociations quotidiennes avec des fournisseurs britanniques »
  • « Animation de réunions : points hebdomadaires avec 12 personnes »

Les compétences transversales : quoi montrer et comment

Plutôt que d'écrire « sens de l'organisation », cherchez dans votre parcours un fait qui l'illustre :

CompétenceComment la montrer
Organisation« Planification de 4 chantiers en parallèle sans retard de livraison »
Adaptabilité« Reprise en urgence d'un portefeuille de 40 clients après un départ »
Communication« Rédaction de procédures utilisées par toute l'équipe »
Résolution de problèmes« Identification de la cause d'un défaut récurrent, supprimé après un changement de procédure »
Leadership« Encadrement de 6 personnes, intégration de 3 nouveaux arrivants »

Exemple : de l'annonce à la rubrique compétences

Voici un extrait d'annonce fictive pour un poste de gestionnaire de paie : « maîtrise de Sage Paie ou équivalent, connaissance de la convention collective, déclarations sociales mensuelles (DSN), rigueur, confidentialité. »

Une candidate qui a occupé un poste voisin peut en tirer cette rubrique :

  • Outils : Sage Paie (utilisation quotidienne), Excel (tableaux croisés dynamiques)
  • Technique : bulletins de paie pour 120 salariés, DSN mensuelle, soldes de tout compte
  • Réglementation : convention collective de la métallurgie, suivi des évolutions du droit du travail
  • Langues : français (langue maternelle), anglais (B2)

La « rigueur » et la « confidentialité » n'apparaissent pas comme des mots isolés : elles se déduisent du volume traité (120 bulletins par mois) et de la nature des données manipulées. Le recruteur les comprend, sans que vous les ayez affirmées.

Les erreurs les plus courantes

  • Tout lister. Mieux vaut huit compétences solides que trente approximatives. Chaque mot sera potentiellement testé en entretien.
  • Surévaluer ses niveaux. « Anglais courant » doit pouvoir s'illustrer par une conversation de dix minutes.
  • Mentionner des évidences. « Utilisation d'Internet » ou « Pack Office » seul n'apporte rien en 2026 ; précisez ce que vous faites avec.
  • Négliger le vocabulaire de l'offre. Si l'annonce parle de « CRM » et que vous écrivez « logiciel de gestion de clientèle », citez aussi le terme courant.
  • Oublier de mettre à jour. Une compétence acquise l'an dernier doit apparaître dans votre CV.

Quelles compétences mettre en premier ?

Classez par pertinence pour le poste visé, pas par ordre alphabétique. Les trois à cinq premières doivent suffire à convaincre un lecteur pressé. Les compétences secondaires viennent ensuite, regroupées.

Si votre CV doit passer par un logiciel de tri, répétez les compétences importantes dans la rubrique dédiée et dans vos expériences : ce double ancrage rassure le recruteur humain, comme le logiciel. Pour comprendre ce que lit réellement un ATS, consultez CV compatible ATS : mythes, faits et conseils.

Cas particulier : débutant ou reconversion

Sans grande expérience, vos compétences peuvent venir de stages, projets d'études, bénévolat, jobs d'été ou formations en ligne. Présentez-les comme des mini-expériences : « Gestion d'un budget de 3 000 € pour une association étudiante ». En reconversion, mettez en avant les compétences transférables (gestion d'équipe, relation client, analyse) et complétez-les par les compétences nouvelles acquises en formation. Notre article CV en reconversion professionnelle détaille la démarche.

Checklist finale

  • Les compétences clés correspondent à celles de l'offre.
  • Chaque compétence peut être illustrée en entretien.
  • Les niveaux sont indiqués simplement et sans jauge.
  • Les compétences transversales sont prouvées dans les expériences, pas seulement énumérées.
  • La liste tient en cinq à dix lignes maximum.

Une rubrique de compétences efficace ressemble moins à une liste de courses qu'à un résumé de votre boîte à outils. Choisissez ce qui sert le poste, prouvez-le, et laissez le reste de côté.

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